Un peu d'histoire

 

 

 

 

1.Des visionnaires aux génies

Quoi de plus fascinant que le mystère des astres et du cosmos ? Toujours les hommes ont scruté le ciel. Leur imagination l’a peuplé d’êtres étranges ou effrayants et très tôt, beaucoup ont essayé d’entrevoir les moyens d’en explorer les secrets. Dans l’Antiquité, on pense à un char tiré par un attelage d’aigles. Plus tard, on imagine un vaisseau à voiles soulevé par une violente tempête... Les rêveurs excentriques ne manquent pas.

Avec Jules Verne, en revanche, l’approche devient plus réaliste. Son roman, “ De la Terre à la Lune ”, donne des idées. A la fin du siècle dernier, un mathématicien russe se passionne pour le sujet. Mais Constantin Tsiolkovsky est encore considéré comme un doux rêveur. On ne comprendra que plus tard l’importance de ses découvertes. Aux Etats-Unis, Robert Goddart passera aux premiers travaux pratiques, ouvrant la voie au père de l’astronautique moderne, l’ingénieur allemand Wernher von Braun.

 

Jules Verne

Depuis les Grecs anciens, la littérature fourmille de récits abracadabrants. Mais en 1865, les trois héros du roman “ De la Terre à la Lune ” font réellement sensation. L’idée de Jules Verne, celle d’un voyage à bord d’un obus, n’est guère plus vraisemblable que celle de ses prédécesseurs. Et pourtant le réalisme du roman a certainement joué un rôle important dans l’esprit de ceux qui se préparaient à écrire les premières pages de la conquête spatiale.

 

Constantin Tsiolkovsky

A la fin du XIXe siècle, les fusées étaient connues depuis longtemps. Les artificiers chinois avaient déjà une expérience vieille de six siècles ! Restait à laisser mûrir l’idée qu’elles pourraient devenir un jour un mode de propulsion spatial. C’est dans l’esprit d’un modeste professeur russe qu’elle finit par germer. En 1883, Constantin Tsiolkovsky découvre qu’une fusée peut très bien fonctionner dans le vide et pas seulement en prenant appui sur l’air. La découverte est cruciale, mais le professeur ne s’arrête pas là. En 1887, il imagine des fusées propulsées par de l’oxygène et de l’hydrogène liquide, un procédé toujours utilisé aujourd’hui.

 

Robert Goddart

Après avoir lu “ De la Terre à la Lune ”, Robert Goddart, un physicien américain, se prend de passion pour l’étude des fusées et décide de mettre en pratique les découvertes de Constantin Tsiolkovsky. En 1926, il met au point le premier engin à carburant liquide. Lors de la première mise à feu, le 16 mars, la fusée fait un bon de 56 mètres de long et 12 de haut... à peine un saut de puce à l’échelle spatiale, mais un pas de géant pour l’astronautique. Par la suite ses fusées seront de plus en plus performantes et ouvriront la voie des étoiles aux générations suivantes.

 

 

 

 

 

Wernher von Braun

La conquête de l’espace est dans tous les esprits, mais la recherche est avant tout militaire. La Deuxième Guerre mondiale va d’ailleurs précipiter les choses. C’est en Allemagne que les études progressent le plus vite. Les travaux du jeune Wernher von Braun, à qui l’état-major allemand fournit d’énormes moyens, sont en bonne voie. Le 3 octobre 1942, la fusée A-4 effectue son premier vol ; c’est un véritable coup de tonnerre que Londres apprendra à connaître sous le triste nom de V2. L’engin est capable de transporter une tonne d’explosifs sur 300 km. La conquête de l’espace peut enfin commencer.

 

2.Les Pionniers

Constantin Tsiolkosky en Russie, puis Robert Hutchins Goddard aux Etats-Unis ont ouvert la voie de l’astronautique. Mais comment prendre au sérieux ces génies inspirés par Jules Verne ?

 

C’est seulement avec la Deuxième Guerre mondiale que les recherches sérieuses vont commencer. Wernher von Braun, pour le compte de l’armée allemande, va tirer parti de leurs découvertes. Fin 1942, les premiers missiles V2 sont prêts à semer la terreur sur Londres. A la fin de la guerre, les Alliés, qui sentent déjà les premiers vents de la guerre froide, s’arrachent littéralement les inventions de von Braun. Il travaillera désormais pour le camp américain avec un objectif clair : donner la suprématie militaire aux Etats-Unis.

 

Mais une fusée n’est jamais qu’un missile qu’on tire verticalement. Conclusion : la recherche spatiale pourrait très bien devenir une vitrine des capacités militaires. Désormais, c’est dans l’espace que va se matérialiser l’affrontement entre les deux grandes puissances.

 

Les Soviétiques marquent les premiers points. Le 4 octobre 1957, le discret “ bip-bip ” de Spoutnik, le premier satellite de l’histoire, retentit comme une véritable humiliation aux oreilles américaines. Il faut laver l’affront... Le premier homme dans l’espace doit être américain ! Très vite, le programme Mercury est mis en chantier. Dès 1960, on procède aux premiers essais du lanceur Redstone. L’année suivante, le chimpanzé Ham fait un bond dans l’espace à bord de la première capsule Mercury et se pose sain et sauf. Bientôt, ce sera le tour d’un des sept pilotes recrutés par la Nasa. Pour tous les Américains, ce sont de véritables héros et personne ne doute qu’ils seront les premiers à atteindre le cosmos. Mais, lorsque Alan Shepard décolle pour un petit bond de 180 km dans le ciel de Floride, le monde entier est encore sous le choc de la nouvelle tombée un mois plus tôt. Le 12 avril 1961, Iouri Gagarine a fait un tour complet de la Terre à 330 km d’altitude. Le programme Mercury se poursuit, mais le coeur n’y est plus. Le 21 juillet, Gus Grissom devient le deuxième astronaute américain, mais c’est dans l’eau qu’il risque sa vie. Après l’amerrissage, sa capsule coule à pic et il manque de se noyer... Pas de quoi pavoiser.

 

Le premier vol orbital américain aura lieu en novembre... avec un chimpanzé. Huit mois après Gagarine, John Glenn fera enfin le tour de la Terre. Scott Carpenter l’imite en mai 62. Walter Shirra porte à six le nombre de révolutions et Gordon Cooper, qui achève la mission Mercury en mai 63, passe 34 heures dans l’espace. Mais il faudra faire beaucoup mieux pour devancer les Russes. Désormais tous les regards sont tournés vers la Lune.

 

3.Pourqoi pas la Lune ?

Spoutnik et Explorer ont ouvert la voie du cosmos à la fin des années 50. Très vite, l’étape suivante s’impose. En URSS comme aux Etats-Unis, on étudie les moyens de satelliser un engin autour de la Lune. Côté américain, le programme Pioneer ne s’avère pas très concluant. Côté soviétique, on acquiert une nouvelle victoire. En 1959, Luna-1 passe tout près de l’objectif. Mais c’est avec les sondes Luna-2 et Luna-3 que l’URSS décroche la Lune.

 

Programme Pioneer

Pour les Etats-Unis, la course au satellite s’est soldée par un échec retentissant... Qu’à cela ne tienne. Wernher von Braun compte bien remettre les compteurs à zéro. Une seule solution : décrocher la Lune, en envoyant une sonde aussi près que possible de notre satellite naturel. Le projet, baptisé Pioneer, prend forme rapidement. Le premier tir a lieu le 18 août 1958. La sonde s’élève de 16 km, puis explose. Dans le courant de l’année, trois nouvelles tentatives échouent à nouveau. Il faudra attendre le 3 mars 1959 pour voir Pioneer-4 passer à 60 000 km de la Lune. Mais une fois encore, les Russes sont allés plus vite et plus loin.

 

Luna-1

Zemiorka, autre nom de l’extraordinaire fusée R-7, a déjà satellisé trois Spoutnik. Mais sa mission est loin d’être terminée. Elle seule peut atteindre 40 000 km/h : la vitesse nécessaire pour s’arracher à l’attraction terrestre et déposer un appareil sur la surface de la Lune. Le lancement a lieu le 2 janvier 1959. Le succès semble complet, mais le dernier étage de la fusée qui transporte la sonde Luna-1 manque l’objectif. Il passe à 6 500 km de la Lune. Reste qu’il s’en est approché dix fois plus près que Pioneer-4, la sonde américaine.

 

L’URSS décroche la Lune

Luna-1, en passant tout près de son but, a prouvé que l’exploit n’avait rien d’impossible. C’est Luna-2 qui l’accomplira le 12 septembre 1959. 34 heures après son lancement de Baïkonour, la sonde de 390 kg entre dans le champ d’attraction lunaire. Au passage, les instruments de détection envoient de précieuses informations au centre de contrôle. Puis l’engin s’écrase à proximité de la mer de la Sérénité, troublée pour la première fois par un objet terrestre. Trois semaines plus tard, Luna-3 s’envole à son tour pour la même destination. Mais cette fois, la sonde passe derrière la Lune pour dévoiler enfin les secrets de la face cachée.

 

4.Un grand pas pour l’Amérique

                                    

 

Décrocher la Lune... La première puissance militaire et technologique ne peut pas faire moins pour passer enfin devant les Soviétiques. Quelques mois après son élection, le président Kennedy engage les Etats-Unis dans ce pari insensé : un Américain devra laisser son empreinte sur le sol lunaire avant la fin de la décennie. Le programme Apollo devient l’enjeu du siècle.

 

Pendant neuf ans, le monde entier va vibrer au rythme des travaux de la Nasa. A chaque lancement, à chaque test, des millions de dollars vont partir en fumée pour mettre au point un engin d’une puissance extraordinaire. Avec la fusée Saturn-V, l’Amérique est certaine de tenir sa revanche : 110 mètres de haut, 10 fois le poids de Zemiorka, sa petite soeur russe et une poussée de 3 400 tonnes au décollage. Lors du premier test, à l’occasion du lancement d’Apollo-4 le 9 novembre 1967, le bruit et les vibrations délirantes provoquent l’effondrement d’une cabine de télévision située à 5 kilomètres du pas de tir.

 

Entre temps, le programme Gemini, qui sert d’entraînement et de réglage pour le futur vol lunaire, a permis de résoudre tous les points critiques du programme Apollo et, notamment, ce fameux amarrage entre le module de commande et le module lunaire que les astronautes devront réaliser en orbite.

 

Mais le spectaculaire succès de Gemini est vite oublié : le 27 janvier 67, la première mission Apollo tourne au drame. En quelques secondes, un incendie détruit la cabine et les trois astronautes meurent instantanément. Pas facile de tourner la page. Il faudra attendre plus d’un an et demi pour que la Nasa se risque, avec Apollo-7, à un nouveau vol habité. La date limite fixée par Kennedy se rapproche, mais les succès d’Apollo-8 et 9 confirment que tout sera prêt pour le grand jour. Reste une seule étape : celle de la répétition générale. En mars 69, Apollo-10 fait taire les plus sceptiques.

 

Quatre mois plus tard, le 20 juillet 1969 à 22 h 38, le coeur de Neil Armstrong palpite à 150 pulsations/minute. Perché sur l’échelle du LEM, il se laisse tomber sur le sol poussiéreux et esquisse un premier pas mal assuré... mais c’est un pas de géant !


 

 

5.Le projet Apollo.

Le 25 mai 1961, John F. Kennedy, Président des Etats-Unis, annonça sa volonté de voir un astronaute atterrir sur la Lune et revenir sain et sauf sur Terre. La NASA créa le Projet Apollo afin de mettre au point la technologie nécessaire à l'exploration de la Lune et de conférer aux Etats-Unis la suprématie d'un voyage dans l'espace. Malgré la grande discrétion des Russes, la course à la conquête de la Lune battait son plein. Après quatre échecs pour faire voler une fusée lunaire, l'Union soviétique abandonna son programme visant à envoyer un homme sur la Lune et les détails de ce programme furent gardés secrets jusqu'en 1991, année pendant laquelle l'Ouest découvrit la fusée géante destinée à envoyer des cosmonautes sur la Lune. Entre juillet 1969 et décembre 1972, les astronautes américains utilisèrent Apollo, le premier système de transport interplanétaire habité, pour aller sur la Lune, y atterrir, explorer le paysage lunaire et faire des prélèvements sur six sites de la face visible de la Lune.


 

Il y eut 36 astronautes Apollo et 12 missions Apollo. Trois astronautes périrent lors d'un incendie sur l'aire de lancement. Six volèrent uniquement en orbite terrestre. Dix-huit volèrent jusqu'à la Lune et douze y atterrirent. Jamais aucun terrien n'était allé aussi loin que les 27 astronautes Apollo qui atteignirent la Lune. Les premiers à l'approcher furent les astronautes du vol Apollo 8 en décembre 1968 : Borman, Lovell et Anders. Ils réalisèrent 10 orbites autour de la Lune mais n'alunirent pas sur la surface lunaire.


 

Neil Armstrong, voyageant à bord de Apollo, fut le premier homme à fouler le sol lunaire. Ce 20 juillet 1969, il déclara : "C'est un petit pas pour l'homme, mais (un) pas de géant pour l'humanité". La NASA inséra ultérieurement le "un" alors confus à la radio. La NASA mit en oeuvre une téchnique de rendez-vous pour faire alunir les astronautes et les récupérer par la suite. Pour ce faire, une fusée spatiale extrêmement puissante, une capsule high-tech pour le transport des astronautes et un véhicule pour voler de l'orbite lunaire à la surface de la Lune puis pour revenir au lieu de rendez-vous avec le vaisseau principal furent nécessaires. Apollo transportait des capsules trois places et des systèmes d'alunissage à deux places.
Le vaisseau spatial Apollo était composé d'un module de commande (CM) avec un espace pour trois membres d'équipage et le pilotage ainsi qu'un module de service (SM) doté de systèmes de propulsion et de survie. Le CM et le SM étaient connectés l'un à l'autre et généralement appelés CSM. Le CSM mesurait 3 mètres de diagonale et 10,3 mètres de long. Les membres de l'équipage voyageaient sur des couchettes dans le CM pressurisé en oxygène. Ils disposaient d'un module d'exploration lunaire (LM, LEM, ou système d'atterrissage lunaire) pour permettre à deux astronautes d'alunir, de se loger, de se nourrir à la surface et de revenir à bord du CSM en orbite lunaire. La jeep lunaire électrique était transportée à bord du LEM sur l'étage de descente.

 

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