1. Aérospatiale industrie
1. PRÉSENTATION
Aérospatiale industrie, industrie de haute technologie ayant pour vocation de concevoir et de construire des avions et des engins spatiaux (satellites, sondes, navettes, stations orbitales, missiles), ainsi que nombre d'équipements dont ils dépendent (les moteurs de ces appareils et les systèmes de guidage électronique, de navigation et de sécurité), et de garantir leur maintenance. Il s'agit d'une des principales branches industrielles intervenant dans la richesse et l'autonomie politique d'un pays moderne.
2. HISTORIQUE
Si
l'expression «industrie aérospatiale» n'a pas été usitée avant la fin des
années 1950, les origines de cette industrie sont beaucoup plus anciennes,
puisqu'elles remontent au début du XXe siècle
avec les premiers avions.
Les
différents conflits armés du XXe siècle
constituèrent des moments importants de la croissance de l'industrie
aéronautique et aérospatiale, et des percées technologiques qui se révélèrent
essentielles furent réalisées justement dans l'urgence des combats. La Seconde
Guerre mondiale constitua pour l'industrie aéronautique de l'Union soviétique,
des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne une période de très
fort développement. Les moteurs à réaction, les moteurs de fusée et les
missiles guidés furent développés en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux
États-Unis, mais ce furent les Soviétiques et les Américains qui tirèrent le
plus grand parti de ces inventions pendant la guerre froide et la course
internationale aux armements.
Après
1945, les États-Unis et la Grande-Bretagne se placèrent en tête pour leur production
aéronautique civile, et l'industrie française redémarra, contrairement à celles
de l'Allemagne et du Japon, brimés durant de longues années en raison de
l'issue de la guerre. En 1947, les Américains dépassèrent la vitesse du son en
utilisant des moteurs à réaction. Ce type de motorisation fut rapidement adapté
aux avions de ligne, mais pour des vitesses subsoniques.
La
perspective d'une guerre nucléaire provoqua d'importantes recherches dans le
domaine des missiles balistiques. Des milliers de fusées intercontinentales
furent construites, et de nombreux satellites lancés dans l'espace pour fournir
des renseignements utiles aux militaires, de meilleures communications et des
données météorologiques à l'échelle de la planète. La dimension civile de cette
recherche déboucha sur la conquête de l'espace. Après le premier vol habité du
Soviétique Gagarine en 1961, les Américains s'efforcèrent de reprendre
l'avantage en ce domaine. Ils y parvinrent en 1969 avec le premier pas d'un
homme sur la Lune (mission Apollo XI). Voir Espace, exploration de
l'.
Malgré la détente est-ouest, la coopération dans le
domaine militaire, freinée notamment par les réductions de crédits, est
difficile à réaliser. Un exemple éclairant nous en a été donné lors du développement
des systèmes furtifs. Depuis les années 1980, l'Europe, sous l'impulsion de la
France, a repris une place internationale significative avec le programme de
lanceurs civils Ariane.
3. ENTREPRISES
En
France, pays à l'avant-garde depuis les débuts de l'aviation dans les domaines
aussi bien militaire que civil, les grands groupes du secteur et notamment
l'Aérospatiale sont issus de la fusion d'entreprises antérieures aux années
1930. Dassault, sous le nom de Bloch, produisait des appareils dès l'entre-deux-guerres.
Plusieurs
des plus importantes compagnies aérospatiales américaines, telles que Boeing,
Bell, Martin et Douglas, doivent leur nom à des constructeurs d'avions de la période
de la Première Guerre mondiale. D'autres firmes importantes, comme Lockheed,
Northrop, Pratt and Whitney, Grumman, Vought, Sikorsky et McDonnell, sont
apparues pour la première fois dans les années 1920 et 1930.
La
France a mis longtemps à acquérir la capacité commerciale qui lui faisait
défaut face à son concurrent américain, ce qui l'a amenée à constituer des
partenariats bipartites dans un premier temps, dont les principaux conduisirent
à la conception du Concorde et de l'ATR, pour arriver à la constitution de
partenariats multipartites, avec notamment Airbus et Ariane.
Le
consortium européen Airbus est un groupement d'intérêt économique (GIE)
commercial employant environ 2 000 personnes, dont les partenaires
sont le français Aérospatiale (37,9 p. 100), l'allemand Daimler-Benz
Aerospace (37,9 p. 100), le britannique British Aerospace
(20 p. 100) et l'espagnol CASA (4,2 p. 100).
En
1991, plus de 1 million d'Américains travaillaient pour des sociétés
aérospatiales. Des centaines de milliers d'autres travaillent pour des
organismes gouvernementaux en relation avec ce secteur, tels que l'armée de
l'air, la marine et la NASA. En 1991, le chiffre d'affaires de l'industrie
aérospatiale américaine était de 135 milliards de dollars. Sa production,
largement exportée, apporte une contribution importante à la balance
commerciale des États-Unis.
L'industrie
aérospatiale française est composée de plus de 200 sociétés (dont plus de
la moitié comptent moins de vingt salariés). Elle employait en 1994 plus de
100 000 personnes. Si l'on inclut les sous-traitants, le secteur
concerne plus de 230 000 salariés. Son chiffre d'affaires approche
les 100 milliards de francs, dont près de la moitié à l'exportation.
Les
quatre premières grandes entreprises françaises produisent à elles seules plus
de 79 p. 100 des exportations et environ les deux tiers des ventes.
On constate par ailleurs en France une diminution des importations en volume et
en valeur ; les exportations, stagnantes depuis quelque temps, ont été
relancées notamment par le contrat signé entre Airbus et la compagnie
US Air, qui permet au consortium européen d'assurer le maintien de ses
effectifs jusqu'en l'an 2000.
Les plus grands groupes accentuent leur prééminence, et
la tendance est aux fusions entre les plus grands comme celle annoncée en 1996
entre Aérospatiale et Dassault, puis celle entre Boeing et McDonnell Douglas.
La difficulté pour le pôle aérospatial européen à faire face à la concurrence
américaine tient à plusieurs raisons, parmi lesquelles le fait que l'État
américain apporte une aide conséquente à la recherche technologique, ainsi que
des subventions par voie indirecte à travers de grands projets militaires tels
que l'Initiative de défense stratégique.
4. RECHERCHE ET
DÉVELOPPEMENT
Les
investissements consacrés à la recherche et au développement de l'industrie
aérospatiale sont parmi les plus élevés de toute l'industrie. En France, ils
devancent même ceux de l'électronique et de l'industrie pharmaceutique, qui
viennent en deuxième et troisième position. Les axes de recherche développés
portent principalement sur l'aérodynamique, les matériaux et les structures,
les logiciels et les systèmes, l'électromagnétisme et la furtivité (voir
Furtifs, systèmes), ainsi que les interfaces homme / machine.
Le
développement de la puissance de calcul des ordinateurs et l'utilisation du
calcul massivement parallèle permettent une modélisation et une simulation plus
précises de phénomènes extrêmement complexes de mécanique des fluides (voir
Chaos déterministe, théorie du) en rapport avec les avions, les hélicoptères,
les lanceurs ou les missiles. Ces technologies permettent d'élargir le champ de
recherche et de différer les essais en soufflerie à un stade de développement
plus avancé ; de plus, lorsque la mesure physique est impossible
— ce qui est le cas pour la propulsion hypersonique —, ils offrent
des outils d'évaluation auparavant inexistants. Ils apportent une contribution
importante au développement des techniques de pilotage et de guidage automatiques.
La mise au point de matériaux composites, tissés en trois
dimensions, et de machines pour les produire, est aussi un domaine de recherche
et de développement important. Ces matériaux doivent offrir une résistance
exceptionnelle, notamment en ce qui concerne les corps de rentrées
atmosphériques. Ils sont importants aussi en matière de furtivité, car les
revêtements des appareils jouent un rôle prépondérant quant à leur
indétectabilité. Maîtriser la propulsion à des vitesses très élevées nécessite
aussi une très haute technologie. Actuellement, des missiles peuvent atteindre
une vitesse dépassant Mach 6.
5. LANCEURS ARIANE
L'entreprise
française Aérospatiale est l'architecte industriel et le principal étagiste des
lanceurs Ariane 4 et Ariane 5, et, à ce titre, l'un des acteurs
majeurs de l'industrie spatiale européenne. Le programme Arianespace, afin de
faire face à une demande croissante de lancements tout en continuant le
programme Ariane 4, s'attache depuis plusieurs années à rendre
opérationnel le programme Ariane 5.